Avec les années, la bouche change de forme. Les lèvres s’affinent, perdent de leur volume et se dessinent moins nettement, tandis que la peau alentour devient moins élastique. Résultat : de fines rides verticales apparaissent, le plus souvent juste au-dessus de la lèvre supérieure. On les appelle parfois les rides « code-barres », à cause de leur régularité presque graphique.
Le soleil, le tabac, une peau sèche ou simplement les mouvements répétés de la bouche accélèrent leur apparition. Elles ne touchent pas que les peaux mûres, même si elles deviennent logiquement plus visibles avec l’âge. Aucun maquillage ne peut réellement les gommer, mais certains choix de produits et de gestes permettent d’éviter d’attirer l’œil dessus, selon la maquilleuse María Borbolla.
Premier réflexe à adopter : se méfier des rouges à lèvres trop fluides. Leur fini lumineux et confortable plaît, surtout parce qu’ils donnent une impression de fraîcheur presque transparente. Sur une bouche au contour bien lisse, ils tiennent sans problème. Mais dès que des ridules entourent les lèvres, ces textures ont tendance à migrer dans les sillons, surtout après avoir parlé, souri ou bu quelque chose. La couleur déborde alors légèrement, et le maquillage paraît moins soigné. Ce n’est pas une question de teinte, précise la maquilleuse, mais de mobilité du produit sur la peau au fil des heures.
Les finis très brillants posent le même type de souci : ils accrochent la lumière sur les irrégularités de la peau. Pas besoin d’y renoncer totalement pour autant — il suffit de doser l’éclat plutôt que de recouvrir toute la bouche d’une matière glissante.
Le crayon à lèvres reste, selon María Borbolla, l’un des outils les plus utiles pour structurer la bouche. Il permet de redessiner un contour discret et de limiter les débordements. Elle conseille de tracer d’abord la bouche avec un crayon proche de la teinte du rouge à lèvres choisi — une couleur claire suffit si l’on reste proche de la carnation naturelle des lèvres. L’objectif n’est pas une ligne marquée, mais une bordure régulière. Remplir entièrement les lèvres au crayon aide aussi à uniformiser la tenue : si le rouge s’efface après un repas, la base colorée reste en place et les retouches sont plus simples.
Côté texture, une formule mate peut convenir, à condition qu’elle ne soit pas trop asséchante — les mats très secs ont tendance à souligner les gerçures. Une texture crémeuse, satinée ou veloutée, avec une bonne tenue, offre souvent un meilleur compromis. Après application, une toute petite touche de poudre translucide peut fixer la couleur, mais il faut rester léger : trop de poudre accentue l’aspect froissé des lèvres.
Pour garder un peu de lumière sans risquer la migration, María Borbolla recommande un baume nourrissant plutôt qu’un gloss trop liquide lorsque les rides sont nombreuses. Si l’on tient à un effet brillant, mieux vaut le concentrer au centre des lèvres : cette zone capte la lumière, donne une impression de volume et limite les débordements vers le contour.
Une bouche bien préparée retient mieux la couleur. Les peaux mortes et les zones sèches rendent le tracé irrégulier et font accrocher les pigments de façon inégale. La maquilleuse suggère une exfoliation douce, environ une fois par mois ou tous les vingt jours, sauf en cas de lèvres sensibles — sans frotter fort ni multiplier les gestes abrasifs, sous peine de fragiliser la peau. L’hydratation, elle, ne transforme pas les rides déjà installées, mais elle rend les lèvres plus confortables et facilite le glissement du crayon.
En journée, une teinte proche de la couleur naturelle des lèvres reste le choix le plus discret : les petites imperfections se voient moins qu’avec un rouge très sombre ou très vif. Le soir, rien n’empêche d’opter pour une couleur plus affirmée, à condition de soigner le tracé et d’appliquer la matière en couches fines successives.