Technologie

Google teste une IA familiale capable de gérer les courses, les calendriers et même certains formulaires

Google explore une nouvelle façon d’intégrer l’intelligence artificielle au quotidien des familles, en la transformant en une sorte de coordinateur virtuel capable de gérer les tâches de tout un foyer.

L’entreprise a fait évoluer son expérimentation baptisée CC pour en faire un agent partagé, utilisable par jusqu’à six personnes vivant sous le même toit. Chaque membre peut lui fournir des informations pour que l’assistant construise un planning commun, dresse des listes, répartisse les tâches et prépare la journée à venir.

CC va même jusqu’à préremplir certains formulaires, à condition que l’utilisateur donne son feu vert.

Cette fonctionnalité reste pour l’instant réservée aux États-Unis, et uniquement accessible aux personnes majeures.

Un compte Google à part entière pour l’assistant

Le principe retenu par Google s’éloigne du chatbot traditionnel.

CC dispose de son propre compte Google vérifié, ce qui permet à chaque membre du foyer d’échanger avec lui séparément et de choisir individuellement les données qu’il souhaite lui confier.

L’agent n’a donc pas un accès automatique à l’ensemble des boîtes mail de la famille.

C’est à chacun de décider ce qu’il transmet : un mot venant de l’établissement scolaire d’un enfant, une confirmation de voyage, une invitation à une fête, le calendrier d’une activité sportive ou un fichier partagé sur Drive.

Il est aussi possible de configurer des autorisations automatiques pour certains expéditeurs. Une famille pourrait par exemple choisir que tous les mails venant de l’école soient transmis directement à CC.

Des messages scolaires transformés automatiquement en rendez-vous

L’ambition de Google est de décharger les foyers d’une partie des petites tâches administratives qui s’accumulent.

Dès qu’une information utile arrive, CC peut l’ajouter directement à Google Calendar ou générer une tâche partagée.

Une confirmation de rendez-vous chez le dentiste, par exemple, peut se transformer en événement dans l’agenda familial. Une date communiquée par l’école peut y être ajoutée sans intervention manuelle. Il suffit même parfois d’envoyer une photo d’une invitation pour que l’agent en extraie les informations essentielles.

CC compile ensuite tout cela dans un résumé quotidien partagé entre les membres du foyer.

Listes de courses et menus de la semaine pris en charge

Google ne s’arrête pas à la gestion du calendrier.

CC peut aussi établir une liste de fournitures scolaires, proposer un menu pour la semaine ou créer des documents et tableurs partagés.

L’agent s’appuie sur Google Maps pour calculer les temps de trajet entre plusieurs activités qui s’enchaînent dans la journée.

Google cite également l’exemple de formulaires d’inscription ou d’autorisation en PDF, que CC peut préremplir avant de solliciter une validation lorsque son intervention le nécessite.

L’outil ne se limite donc plus à répondre à des questions : il est conçu pour accomplir une partie du travail lui-même.

La question des autorisations, centrale vu la sensibilité des données

Un assistant pensé pour toute une famille suppose forcément un accès à des données sensibles : emplois du temps, trajets, rendez-vous médicaux, communications scolaires ou habitudes alimentaires.

Google assure que chaque utilisateur garde la main sur ce qu’il choisit de partager avec l’agent.

CC n’est pas censé diffuser des informations en dehors du cercle familial ni agir sans validation préalable. L’entreprise précise également que chaque instance de l’agent tourne dans un environnement cloud isolé.

Le système repose sur les modèles Gemini ainsi que sur Antigravity, l’infrastructure agentique développée par Google.

CC dispose par ailleurs d’une mémoire partagée : il peut retenir une liste de courses récurrente pour tout le foyer, tout en conservant certaines informations propres à un seul membre.

Une expérimentation encore inaccessible en France

Cette nouvelle mouture de CC est disponible en tant qu’expérience Google Labs, réservée aux États-Unis, sur le web comme sur mobile, pour les personnes majeures disposant d’un compte Google personnel.

Ceux qui testaient déjà l’ancienne version devraient recevoir une invitation pour migrer vers la nouvelle. Les autres peuvent s’inscrire sur une liste d’attente.

Google n’a communiqué aucune date pour un déploiement en France.

Cette limitation géographique compte, car les usages présentés donnent facilement l’impression d’un lancement mondial alors qu’ils restent, pour l’instant, circonscrits à un seul pays.

CC reste avant tout une démonstration de ce que Google envisage pour la prochaine génération d’assistants : une IA qui ne se contente plus de répondre aux questions, mais qui connaît le fonctionnement d’un foyer et peut agir à sa place, dans les limites fixées par ses utilisateurs.

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