Économie

La Société Générale mise sur l’IA pour réduire ses coûts : son nouveau plan prévoit aussi une baisse des effectifs

Société Générale a présenté sa nouvelle feuille de route pour la période allant jusqu’à 2029. La banque française entend redresser sensiblement sa rentabilité tout en comprimant ses charges, et l’intelligence artificielle figure noir sur blanc parmi les leviers retenus pour atteindre ces objectifs.

Le plan table également sur un effectif réduit, sans toutefois évoquer de licenciements massifs : l’établissement mise plutôt sur les départs naturels qui ne seront pas remplacés.

Un objectif de coûts fixé sous 16,3 milliards d’euros

Le cap financier est clairement chiffré. Le groupe souhaite faire descendre ses charges annuelles en dessous de 16,3 milliards d’euros à l’horizon 2029, ce qui représenterait environ 2 % de moins que le niveau anticipé pour 2026.

Plusieurs pistes sont envisagées pour y arriver : réduire certains postes d’achats et de dépenses informatiques, gagner en productivité grâce à l’IA, et laisser diminuer progressivement les effectifs par attrition naturelle.

L’intelligence artificielle ne se limite donc plus à un rôle d’outil expérimental cantonné à quelques équipes techniques. Elle s’invite directement dans le plan économique de l’une des plus grandes banques françaises.

Des gains de productivité attendus grâce à l’IA

Société Générale ne précise pas encore quelles tâches exactement seront automatisées ou modifiées par l’intelligence artificielle dans le cadre de cette stratégie.

Le message reste néanmoins limpide sur le plan économique : les gains de productivité issus de l’IA doivent participer à la baisse des coûts du groupe, en complément des économies visées sur l’informatique et les achats.

Du côté des salariés, cette annonce mérite d’être relativisée. Elle ne veut pas dire que l’IA va remplacer directement un nombre précis de postes. La banque combine plutôt deux logiques dans son plan d’économies : d’un côté les gains technologiques liés à la productivité, de l’autre la baisse des effectifs par départs naturels.

Une baisse d’effectifs sans plan social annoncé

La banque évoque une réduction de ses effectifs qui passerait par l’attrition naturelle. En pratique, une partie des salariés quittant l’entreprise, que ce soit pour la retraite, une démission ou tout autre mouvement classique, ne serait pas systématiquement remplacée.

Aucun chiffre précis n’a pour l’instant été communiqué concernant le nombre de postes concernés par cette évolution.

Il serait donc exagéré de parler d’un nombre défini d’emplois « supprimés par l’IA ». Le plan confirme cependant une tendance plus concrète : l’automatisation et l’intelligence artificielle entrent désormais dans les réflexions des grands groupes français lorsqu’il s’agit d’anticiper leurs besoins en personnel et leur structure de coûts.

Une ambition de rentabilité plus large

La baisse des coûts ne constitue qu’un volet du nouveau programme. Société Générale vise un rendement des fonds propres tangibles compris entre 13 % et 14 % en 2029, avec l’objectif d’atteindre 15 % à partir de 2030.

La banque compte également sur une progression moyenne de ses revenus d’environ 3 % par an et souhaite abaisser son coefficient d’exploitation sous 55 % en 2029, contre un objectif actuel de 60 %.

Ce plan s’inscrit dans la continuité de plusieurs années de restructuration menées sous la direction de Slawomir Krupa, arrivé à la tête du groupe en 2023. Société Générale cherche désormais à conjuguer croissance des revenus, rigueur budgétaire et automatisation accrue de ses activités.

Pour les entreprises françaises, ce signal dépasse largement le seul secteur bancaire. L’IA s’impose progressivement comme un élément explicite des stratégies de réduction des coûts et de gains de productivité des grands groupes, avec des répercussions possibles sur la taille des équipes dans les années à venir.

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